Le projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes, dit SURE, doit être présenté en procédure très accélérée devant le Sénat puis déféré à l'Assemblée nationale lundi 13 avril 2026. Pour l'association A.M.O.U.R. de la Justice, ce calendrier n'annonce pas une réponse à l'engorgement des juridictions criminelles, mais une justice expéditive qui détourne le regard du problème central.
Le texte est critiqué pour ce qu'il ferait disparaître en chemin: le débat contradictoire, l'oralité des débats, l'égalité des armes, l'audition des témoins et experts, ainsi que le jury citoyen. Il rendrait aussi possible que le procureur de la République soit à la fois juge et partie, une évolution que les opposants présentent comme un basculement majeur dans la manière de juger les crimes reconnus.
La charge de l'association vise plus large que le seul projet SURE. Elle inscrit la réforme dans une série de dispositifs et de chantiers mentionnés sous les noms de Magicobus, SURE et RIVAGE, tous présentés comme des réponses à des délais de jugement jugés indécents. Dans ce cadre, la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité sert de référence de fond, et le rapport Getti de janvier 2021 est cité comme ayant déjà décrit cette expérience.
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La contestation prend aussi une dimension budgétaire. Cinquante-cinq jours avant le dépôt du projet de loi au Sénat, le gouvernement a annulé 100,4 millions d'euros sur le budget de la mission Justice. Pour les détracteurs, cette décision contredit le discours sur l'amélioration de la justice criminelle et alimente l'idée que le pouvoir politique choisit surtout d'organiser la pénurie au lieu de la résorber.
Le cœur du dossier tient là: le texte se présente comme une réponse à l'engorgement des juridictions criminelles, mais ses adversaires soutiennent qu'il ne traite pas la cause du ralentissement. Ils y voient une réforme qui masque les symptômes plutôt qu'elle ne soigne la maladie, au moment où Dijon sert de nom de ralliement à une bataille plus large sur la manière dont la justice pénale doit juger vite, et à quel prix.






